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ÉLEVAGE EN VOGUES - 5 mars 2020

« Le mental est primordial », Audrey de l’élevage du Phoenix

écrit par Léa TCHILINGUIRIAN

Né une première fois sous l’affixe « Afleurdelys » en 2002, l’élevage du Phoenix a connu dans sa continuité une nouvelle naissance cinq ans plus tard, le tout à l’initiative d’Audrey. Situé en Loire-Atlantique, cet élevage a débuté avec des chevaux ibériques de couleurs puis s’est orienté vers le cheval Pur-Sang Lusitanien tout en réunissant plus de 30 ans de passion.


FYR :  À vos débuts, vers quels types de chevaux vous êtes-vous dirigée ? 

Audrey : J’ai commencé l’élevage avec des croisements assez atypiques notamment avec de l’aztèque : des chevaux ibériques croisés quater horse. J’avais eu connaissance de ces croisements, le modèle me parlait puisque la morphologie est harmonieuse, compacte, et fonctionnelle. On avait toujours le modèle de l’ibérique mais avec cette puissance dans l’arrière-maingrâce au quater horse avec des aplombs solides tout en ayant un mental froid et passe-partout. À mes débuts, je travaillais avec des chevaux d’Origines Non Constatées, Constatées ou de Race Crème. Mais de mon côté, j’étais vraiment intéressée par le travail de la morphologie, l’utilisation et le mental du cheval. Je tiens à préciser que le mental est primordial chez moi : avec un cheval au mauvais mental, vous ne ferez rien. La couleur est le petit plus ! Passionnée de génétique, je faisais déjà naître des chevaux à la robe atypique , diluée ou double diluée, champagne… Quand vous avez des étalons reproducteurs et des juments qui sont double diluées avec les yeux bleus, la peau rose et le poil blanc, vous avez forcément plus de chance d’avoir un poulain coloré. Mon but a toujours été de produire des chevaux polyvalents avec un bon mental, une morphologie et locomotion au minimum correctes pour pouvoir évoluer tranquillement sous la selle ou en spectacle.  D'ailleurs, j'organise des formations génétique et reproduction.

FYH : Comment analysez-vous l’évolution de votre élevage et production ?  

Audrey : Au fil des années, mes chevaux se sont améliorés au niveau de la locomotion, du modèle tout en gardant de la couleur mais le mental est toujours le même c’est-à-dire gentil au quotidien et passe-partout. En 2011, j’ai réalisé moins de croisements et j’ai commencé à acheter des juments Pur-Sang Lusitaniennes pleins papiers, confirmées à la reproduction, de couleurs ou pas d’ailleurs. Ceci m’a permis de produire dès l’année d’après en pur-sang lusitanien. Ses juments ont d’ailleurs été labellisé « Plus Dressage » par France Dressage ensuite. A l’heure actuelle, je fais également naître de purs lusitaniens en Origines Constatées car, dans cette race, il ne suffit pas d’avoir des papiers pour produire, il faut que les chevaux passent la confirmation ! Dernièrement, j’ai découvert qu’un de mes étalons pur-sang lusitanien confirmé dans sa race, qui, lorsqu’il est mélangé à d’autres races, me produit du Zangersheide. Oui, on parle bien d’un papier de cheval de sport… chose qui était plutôt improbable pour moi. Cela ne me dérange pas, l’important est que cela ouvre d’autres horizons à mes chevaux. 

Aujourd’hui, et même sous l’affixe « Afleurdelys », j’ai des chevaux qui font ou ont fait du spectacle équestre, du TREC, des labellisations loisirs, du dressage, du saut d’obstacles, du travail à pied ou encore  du mountain trail : ce sont vraiment des chevaux polyvalents qui se glissent dans toutes les disciplines. Egalement, beaucoup de mes chevaux sont devenus reproducteurs dans d’autres élevages.

FYH : Comment pouvez-vous décrire le caractère d’un cheval pur-sang lusitanien ?   

Audrey :  Le caractère d’un cheval pur-sang lusitanien est difficile à décrire puisque tout dépend des courants de sang que l'on peut y retrouver,  des conditions de vie, de sa manipulation et de son débourrage. Il y a 4 courants de sang : Veiga, Andrade, Coudeleria Nacional et Alter-Real. Certaines personnes vous diront que les chevaux de lignée Veiga ont beaucoup de sang et sont difficiles à gérer. De mon côté, je ne souhaite pas faire de généralité car j’ai des chevaux Veiga à mon élevage et ce sont des amours, très facile au quotidien et sous la selle. Je pense à mon étalon Abibe MCO !  Difficile de faire une généralité quant aux chevaux lusitaniens mais ils restent respectueux, agréables au quotidien et très disponibles. Il ne faut pas oublier que ce sont des chevaux de travail ! Ils ont été faits pour l’équitation de travail, le tri du bétail, la tauromachie. Ils étaient également les chevaux des rois et ceux de parade. Quand ils passent quelque part, on les remarque de suite ! 

FYH : Où vivent vos chevaux à l’élevage ? 

Audrey : Mes chevaux vivent sur 20 hectares parsemés et par groupe d’affinité. Je ne les rentre jamais au box sauf s’il y a un problème de santé particulier, un cheval blessé ou une jument qui va mettre bas. Mais de manière générale, ils vivent tous au pré, toute l’année.

FYH : Combien de poulains produisez-vous chaque année ? 

Audrey : Actuellement, je produis deux ou trois poulains par an. J'ai déjà fais naitre jusqu’à 7 poulains une année mais je ne produis jamais plus. Je suis toujours dans une politique de bien-être, pouliner à outrance ou chaque année ne m’intéresse pas. Je privilégie la santé de mes chevaux en priorité et ainsi, en faisant naître moins, cela me permet aussi de choisir la bonne famille. 


FYH : Expliquez-nous comment vous débourrez vos poulains… 

Audrey : À partir de six mois, mes poulains apprennent à porter le licol, marchent en main et donnent les pieds. J’effectue ensuite le sevrage tardif réalisé entre 8 et 12 mois, sauf si un poulain est réservé et doit partir avant, dans ce cas, il est sevré à 6 mois et quelques semaines. Suite à cela, je manipule chaque jour les poulains tout en les laissant grandir. À 3 ans, je commence à travailler le tapis, la selle et le filet en les désensibilisant puis nous les débourrons avec Sophie sur un mois environ. Le débourrage prend peu de temps car mes chevaux y sont préparés psychologiquement, c’est une formalité. Prendre son temps reste important. Enfin, je les remets au pré puisqu’un lusitanien est assez tardif et grandi jusqu’à 6 voir 7 ans. En général, l’année d’après, je les retravaille et c’est assez étonnant : vous remettez le tapis, la selle c’est comme si vous l’avez monté la veille ! 

FYH : Parlez-nous de votre étalon Abibe MCO dont vous proposez des saillies sur notre site ! 

Audrey : Abibe est un étalon pur-sang lusitanien né en 2005 importé du Portugal qui évoluait déjà sous la selle d’Elisabeth Costa en haut et basse école. Il est à mes côtés depuis six ans. C’est un cheval qui est à 97% de Veiga et petit fils de Danubio qui est l’un des chefs de race Veiga en pur-sang lusitanien. 

Cet étalon est double dilué, il a donc les yeux bleus, la peau rose et le poil blanc. Au niveau du mental, il est extrêmement gentil, que ce soit avec l’Homme ou ses congénères. Il n’a pas d’inquiétude, de mouvements de recul et n’est pas sanguin. Ce n’est pas donné à tous les étalons mais lui, vous pouvez lui proposer des juments en liberté même suitées, il les respectera !


Crédit photos : Elevage du Phoenix - Droits réservés -  FP photographies - 

Photo de couverture : Elsa Meier - Photographie


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